Les rosaires



         Retour dans la région où j'ai partiellement grandi, la Bretagne, avec un peu moins d'entrain qu'escompté. Ce coup-ci, je reviens pour l'enterrement de ma Grand-mère Marguerite. Une véritable sainte (et pourtant je ne suis pas croyante). Sainte opulence peut-être. Tout ce qu'elle avait, elle l'avait en trop. La générosité, l'amour des autres, de la vie, l'amour des fleurs, de la nourriture. Cela se voyait même sur son physique de barbe à papa rose bonbon, ronde comme un ballon, cotonneux et perlée. Même la portée de sa voix et son débit de parole à la minute étaient hors norme. Elle nous offrait toujours trop de choses, elle nous aurait même tout donné je crois. Elle nous offrait à chaque fois des cargaisons de bonbons, chocolats, gâteaux, de quoi tenir un hiver entier ! Et inutile de préciser qu'elle ne nous laissait pas sortir de table avant de s'être au moins resservi trois fois et d'avoir avalé au moins trois desserts. C'est vraiment le mot qui la caractérise le plus. Le Trop. Mais dans le bon sens terme.   

        Ces derniers jours ont été très propices à la réflexion, plus que d'ordinaire et pourtant je suis du genre à ruminer sans cesse toutes sortes de sentiments, pensées et réflexions métaphysiques en tous genres. Cette dernière semaine ; alors que au sein de ma famille, nous racontons beaucoup de conneries et essayions de nous changer les idées ;  je crois bien avoir vu se dessiner un leitmotiv optimiste (qui aurait sans nul doute fait plaisir à ma mamie) : Roulez jeunesse !