Rencontre avec Agnès Varda



 Ou la fois où j'ai rencontré ma plus grande inspiration en tant qu'étudiante en arts/cinéma, mais aussi en tant que femme. 
  
            Il y a des fois des choses dans la vie qui méritent d'être faites juste pour le plaisir de se dire "maintenant que c'est fait, je peux mourir." 
Dans cette liste, figurait en bonne position mon rêve de rencontrer et discuter avec Agnès Varda. Voilà qui est désormais fait. C'était le jour de la fête de la musique 2014, à mon retour de Budapest. Au détour d'un concert place Denfert-Rochereau, Charles et moi cherchions de quoi nous restaurer avec les quelques centimes qui nous restaient en cette quasi fin de mois. Autant dire que c'était mal parti. Puis soudainement, la chance et le hasard ont semblé se combiner lorsque j'aperçois le panneau de la rue indiquant "Rue Daguerre".  

        Étant une vénératrice inconditionnelle du cinéma d'Agnès Varda et de Jacques Demy, je savais très bien que dans cette rue se trouvait la boutique Ciné Tamaris, mais aussi la maison dans laquelle tous deux ont vécu, et dans laquelle Agnès vit toujours. Ni une ni deux, nous avons traversé la rue dans sa quasi totalité jusqu'à tomber sur le magnifique et si reconnaissable portail de la maison. Puis en face, la boutique. Inutile de préciser que nous nous y sommes rendus. Mais à cet instant, alors que nous ne nous nous y étions pas le moins du monde préparés, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir Agnès Varda elle même devant nos yeux. Montant ses dernières vidéos. Je l'avais déjà vue au cours d'une master class sur le thème de Cléo de 5 à 7 au forum des images, mais vu le monde, impossible de lui dire ce que je tenais à lui dire. Or ce coup-ci, non seulement nous avons pu lui parler, mais en plus, nous l'avions rien que pour nous. Le petit bout de femme était comme toujours adorable. Nous avons parlé cinéma, photographie, féminisme, avortement. 

      Il est vrai qu'elle fut parmi celles qui se sont battues avec acharnement pour la cause de l'avortement, notamment en signant le manifeste des 343 salopes. Agnès et de nombreuses autres personnalités telles que Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Brigitte Fontaine, Violette Leduc, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Delphine Seyrig, sans oublier Simone de Beauvoir pour ne citer que les plus célèbres. Elle nous confia d'ailleurs son malaise face à la situation actuelle en France où ce pour quoi elle se battit semble être actuellement remis en question. En d'autres termes, Agnès Varda est une cinéaste femme, qui montre et parle des femmes mieux que quiconque. Et tout modestement la seule femme réalisatrice de la Nouvelle Vague française. Et pour couronner le tout, elle fut également mariée à Jacques Demy. Un couple de créateurs comme on en a vu peu.

Voilà une cinéaste comme j'aimerais en être une. Une femme forte, engagée, à la créativité débridée et à l'oeuvre mémorable.   


       Pour ponctuer ce récit de rencontre et cet hommage, il me semble nécessaire de préciser la reconnaissance que je ressens envers cette artiste qui m'inspire plus que quiconque si bien dans mon rôle d'étudiante en arts que de jeune femme.