Confessions d’une dépressive


Le sourire comme rempart



           La dépression, au sens médical du terme est une brique que je me suis prise en pleine tête le jour où le diagnostique est tombé. Je savais que je faisais un peu peine à voir, je me faisais pitié à voir, j'appelais cela mon "deuil de moi-même" ; mais au point d'être qualifiée de dépressive... Et pourtant c'est bien ça. La mélancolie chronique, les idées noires, l'hypersensibilité, la fatigue sans remède, la perte de goût y compris pour les choses que j'aimais le plus, et un cerveau qui déforme consciemment la vérité... Cela faisait des mois que ça durait, maintenant ça fait quasiment trois ans.  
Au tout début, il y a eu ce drôle de changement de mentalité qui m'est tombé dessus. Je n'avais plus goût à rien, ne mangeais rien. Ma peau était cadavérique, je m'habillais de fleurs qui me faisaient penser à celles que l'on trouvait, fanées, sur les tombes, puis, au sommet de mon deuil de moi-même, le pétage de câble. Je me suis coupé les cheveux qui m'arrivaient pourtant jusqu'aux fesses, comme symbole d'une dégringolade qui me mène à aujourd'hui. Avec du recul, je me dis que cette période dure correspond grosso-modo avec le passage de l'âge adolescent à l'âge adulte. Un pont plus difficile à passer pour moi que pour d'autres.  

         Et pourtant, je suis consciente de renvoyer à mes proches une image de jeune femme joviale et colorée, mais peut-être ces deux facettes de ma personnalités se complètent-elles davantage qu'elles se contrarient. Quoi qu'il en soit, c'est l'aspect positif de ma personnalité que je compte bien exploiter, dans le but de le l'encourager à s'épanouir, et peut-être ainsi, prendre le dessus sur mon mal de vivre.